C'est une majorité de nos députés qui ont approuvé cette loi face à la peur du terrorisme. Cette loi est un moyen politique de répondre à l'anxiété des français, c'est un réponse démagogique. Elle ne sera pas efficace contre le terrorisme, pire elle va créer des populations stygmatisées et sera financièrement coûteuse. C'est une loi qui ouvre la boîte de pandore de la surveillance de masse et dont le déploiement existant pourra être réutilisé à d'autres fins dans une dérive autoritaire d'un futur gouvernement ou bien même par d'autres puissantes organisations de renseignement.

L'image de france en tant que pays de liberté va aussi se ternir, cette loi est considéré pour nombre de pays étrangers comme un dérive totalitaire.

A court terme les hebergeurs français vont devoir délocaliser pour continuer à proposer des solutions convenant à la vie privée des internautes. Ils risquent de perdre des marché à l'international, et quand bien même les clients ne seraient pas génés par le procédé, son existance même permettra des négotiations de rabais. A plus long terme, avec cette loi la france s'engage sur la voie de la spécialisation dans les techniques de surveillance de masse, cela va devenir notre savoir-faire tout comme notre savoir faire en matière d'armement et de nucléaire. Autant de choix qui nous orientent plus vers un régime autoritaire qu'un régime démocratique.

Le procédé de detection des comportement atypiques et terroriste par un algorithme est plus que sujet à caution. On est dans le flou, dans un domaine de recherche dont nous ne pouvons en aucun cas espérer des résultats probant rapidement. Certes il ne s'agit pas d'avions renifleurs, mais tout de même; demander à des ordinateurs d'étudier des comportements relatif à une psychologie du terrorisme ( si tant est que cela existe ), on est un peu dans la science fiction. Regardez simplement notre difficulté à trouver les pédophiles sur la toile. Ce que l'on va obtenir ne sera très certainement pas meilleur que ce dont dispose d'ors et déjà les renseignements généraux et ne fera que les encombrer de tas de faux positifs. Un 'faux positif' est en l'occurence un profil d'individu que l'algorithme aura reconnu comme un terroriste mais qui n'en est pas un. Par exemple le profil partagé de personnes utilisant un ordinateur dans un cyber café. Celui-ci pourrait être rapidement vu comme un terroriste ( jeux violents, sites interdits, diversité des recherches incompatible avec un individu cohérent ... ). Aucunement un résultat fiable pour rapidement sortir de ce système, et d'ici à ce qu'il converge, les procédés d'anonymisation et de chiffrement contreviendront à ce système. Quant à nos apprentis terroristes, ils auront été brieffés de vive voix et n'utiliseront que des profils anonymes ou des téléphones portables volés.

La présentations des données collectées par les boîtes noires devant les tribunaux va nécessiter des personnes agréés secret-défense. Voilà un mélange de genre très désagréable, comment prouver sa bonne foi face à un système opaque ? L'identité numérique est quelquechose de fragile et peut être remise en cause. Cela va donner avec l'existence des 'faux positifs' du pain sur la planche pour les juges et les avocats et pour tous les experts en sécurité informatique. De quel matériaux disposeront les avocats et le experts techniques pour pouvoir défendre le prévenu ? S'il s'agit de valider l'algorithme, alors là autant manger tout de suite son clavier.

Il n'est pas bien difficile de deviner certains des critères de détection dérive de terroriste que l'algorithme apprendra rapidement à la présentation des échantillons exemplaires. En particulier l'appartenance à un groupe religieux, les musulmans en premier. Ainsi pour lister l'ensemble des personnes proche de l'islam il suffira d'abaisser un peu le seuil d'acceptation des filtres. Nul besoin de statistiques ethniques ou religieuses, tout sortira de là. Imaginez le bonheur d'un futur dictateur avec la volonté farouche de reconduire toute personne islamisante à la frontière voire plus loin dans les couches stratosphériques à la vue d'un tel système : on a la liste des noms, on a l'algorithme qui valide que ces gens sont dangereux et pas besoin de propagande, tout a déjà été voté démocratiquement. Pour rappel historique l'informatique avait été utilisé par hitler pour lister tous le juifs européens bien avant d'entreprendre ce que l'on sait, sans l'informatique, retrouver les familles aurait été moins facile. ( http://www.histoire-medecine.fr/articles-histoire-de-la-medecine-ibm-et-le-fichage-des-juifs-en-france.php ). Notre devoir de mémoire doit être assorti d'un devoir d'intelligence et de protection.

Nombreuses associations de défense des libertés ont demandé qu'elle ne soit pas votée ( Reporter Sans Frontières, Amnesty International ) Le métiers nécessitant l'anonymat et la protection des sources, comme les magistrats, avocats et les journalistes sont atteints par les ces lois de surveillance. Ajouter des exception dans le système semble techniquement compliqué, garantir qu'aucune information susceptible de nuire sera conservée est tout juste impossible.

La société civile, c'est à dire nous, entre autres internautes, a élévé un peu mais pas assez à mon goût, la voix. Il ne faut pas lâcher, c'est notre avenir et celui de nos enfants qui est jeu.

Pour la fin je vais me lâcher sur mes craintes - profondes -, celles d'un état totalitaire controlé par les machines, où nous aurions des machines à voter pour nous exprimer mais où nos votes seraient comptabilisés selon un critère propre à l'algorithme de protection de l'état. Nos comportements écoutés et censurés en temps réel.

Je connais l'informatique et jusqu'à présent je ne sais pas quelles en sont les limites. S'il vous plait monsieur les politiques, ne livrez pas notre vie privée aux ordinateurs; elle est déjà bien mis à mal pour des intérêts marchands par tous les grands groupes; vous devriez plutôt tenter de nous protéger mieux.